Le point d’appui était alors le Guide SD 21000, élaboré en 2003 par un groupe de travail de l’AFNOR. En 2010, l’ISO 26000 – Responsabilité Sociétale a été publiée pour fournir des recommandations aux organisations souhaitant améliorer leur contribution au développement durable, à savoir : environnemental, social et économique.
Elle a obteny 93 % d’avis favorables parmi plus de 450 experts issus de 99 pays, et plus de 50 organisations internationales. Elle a donc une portée mondiale. Elle repose sur 7 questions centrales : Droits de l’Homme, Relations et Conditions de Travail, Environnement, Bonnes Pratiques des Affaires, Questions relatives aux Consommateurs et Engagement Sociétal.
Il n’existe pas de « certification ISO 26000 ». En revanche, de nombreuses démarches de labellisation évaluent un niveau de conformité, à l’instar, en France, du Label Engagé RSE, ou, en Europe, du Label Responsibility Europe. L’ISO 26000 a aussi fait l’objet de déclinaisons sectorielles, par exemple l’ISO 26030 dans le secteur alimentaire.
On nous demandait « si nous avions une démarche » pour le développement durable. Il était possible de fournir une liste d’actions, plus ou moins convaincantes, ou de structurer une vraie démarche de Responsabilité Sociétale, ce pour quoi j’ai convaincu mon N+1 de l’époque, Président Fondateur de l’entreprise.
Les principales difficultés étaient : de passer d’actions spontanées à une démarche structurée, de trouver des idées d’actions à mener (Que font les concurrents ? Qu’est-ce qui parlera à mon client ? Qu’est-ce qui a vraiment de l’impact?), ainsi que la pédagogie interne (non, le développement durable, ce n’est pas que l’environnement – oui, il y a un pilier social), d’avancer en contexte flou (peu de modèles applicables à notre activité, pas de budget au départ, de belles motivations individuelles confrontées à des gens qui se fichent de ce sujet tant qu’on n’a pas prouvé son potentiel lucratif).
Petit à petit, les elles se sont densifiées, avec des donneurs d’ordres de mieux en mieux informés, formulant des demandes précises de reporting sur les engagements contractuels. Puis, la règlementation s’est densifiée en France et en Europe, à la fois sur la notion de Responsabilité Sociétale dans son ensemble, et sur certains thèmes bien précis.
Il existe des obligations de reporting extra-financier pour les grandes entreprises européennes (CSRD, nous y reviendrons). Elles doivent identifier leurs principaux Impacts, Risques et Opportunités (IRO) sur un certain nombre de thèmes : changement climatique, pollution, eau et ressources marines, biodiversité et écosystèmes, utilisation de ressources et économie circulaire, travailleurs de la chaîne de valeur, communautés affectées, consommateurs et utilisateurs finaux, conduite des affaires.
Les entreprises sont amenées à réaliser ce que l’on appelle une analyse de double-matérialité, pour identifier leurs grandes priorités, dites « enjeux matériels« . Elles vont concentrer leurs efforts sur les enjeux qui méritent le plus leur attention. Ils feront l’objet de publications. Dans ce contexte, il est fréquent qu’elles incitent leurs propres fournisseurs à faire évoluer leurs pratiques : les obligations se répercutent sur la chaîne de valeur. Ainsi, pour adresser leurs grands comptes, les fournisseurs doivent comprendre les attendus, concevoir les offres qui y répondent et savoir en parler.